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Territoires et origines :

La Ville de Pierrelatte et son territoire (4956 hectares) constitue la pointe Sud-Ouest du département de la Drôme. Bordée à l’Ouest par le Rhône et les collines ardéchoises, Pierrelatte occupe la plus grande partie de la vaste plaine alluviale formée par le fleuve dans sa partie tricastine. Au nord Donzère, à l’Est La Garde Adhémar et Saint-Paul-Trois-Châteaux capitale du Tricastin antique, au Sud Bollène (département du Vaucluse) sont les communes voisines de notre cité.
L’emprise globale de Pierrelatte ne remonte néanmoins qu’à la Révolution française. Jusqu’à la formation des départements en 1791, une frange importante de la rive gauche du Rhône est bourguésane (Bourg-Saint-Andéol) et fait partie, de fait, du Languedoc.
Au milieu de la plaine pierrelattine, un rocher émerge, probablement un rejeton de ce qui constitue, plus au Nord, le « défilé de Donzère ». C’est auprès de lui, que naît Pierrelatte, nom dérivé du latin « petralapta » (pierre large). La légende veut que cette pierre ai été jetée là, depuis la dent de Rez en Ardèche, par le géant Gargantua, qui l’avait extraite de sa botte où elle s’était glissée

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Une véritable communauté d’habitants ne se forme, à l’abri du Rocher, qu’à partir du Moyen Âge (XIe siècle au plus tard, d’après une inscription lapidaire encore visible).
Un château occupe-t-il déjà l’espace sommital ? De celui attesté au XIIIe siècle, il ne reste rien.
Du premier rempart qui ceinturait le bourg, subsistent quelques vestiges rue de l’Archange, dont une tour décorée intérieurement d’étranges graffitis.
La chapelle des Pénitents située au pied du Rocher et à l’intérieur de ce premier rempart, est en partie datée du XIIe siècle.

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Jusqu’en 1450, le château de Pierrelatte et les territoires avoisinants sont aux mains de plusieurs seigneurs ou coseigneurs. A partir de 1450, la seigneurie de Pierrelatte devient l’apanage d’un seul. A cette date, il s’agit de Louis, fils du roi, futur Louis XI, intéressé par cette place qu’il rattache ainsi à son Dauphiné. On lui doit l’agrandissement du château, la construction de chapelles en son sein et probablement la construction ou la reconstruction d’un  deuxième rempart protecteur pour la cité, qui a partiellement subsisté rue des Remparts de l’Ouest, rue des Remparts du Nord, rue des Remparts du Midi.

L'époque moderne.

A l’époque moderne se succèdent de grands personnages comme seigneur de Pierrelatte, rien moins qu’Henri IV à la fin du XVIe siècle, puis Louis XIII jusqu‘en 1637. C’est sur l’ordre de ce dernier, en 1633, que le château sur le Rocher est démantelé.
Malgré ces puissants protecteurs, la communauté connaît des temps difficiles entre 1550 et 1650. Les fratricides guerres de religion ensanglantent le Dauphiné pendant toute la seconde moitié du XVIe siècle. La soldatesque passe et repasse par Pierrelatte. Le château est pris d’assaut, en 1562, par la troupe protestante du baron des Adrets.
Les habitants et les consuls qui les représentent ne peuvent que constater l’endettement endémique de la communauté.
Les vagues de peste, les mieux connues de 1629-1631 et 1652 frappent durement. En 1652, le prêtre en omet de mentionner les décès dans son registre. Il écrit : « octobre, novembre et décembre vacquent à cause de la peste ».
Au lendemain des guerres de religion, est mentionnée dès 1617, l’existence d’une confrérie de pénitents blancs, à laquelle est dévolue la chapelle du même nom. Il s’agit de laïcs, tout comme la « Jeunesse » qui forme ce que l’on appelle « une abbaye joyeuse », qui joue, entre autres, un rôle important dans l’organisation des festivités communautaires. Cette « abbaye » perdure jusqu’en 1786.
La deuxième moitié du XVIIe siècle voit la communauté sortir un peu du marasme et son souci dans la recherche de la protection des grands du royaume ne se dément pas. En 1654, la seigneurie est dévolue à Armand de bourbon, prince de Conti, membre de la famille royale, marié à une nièce de Mazarin. Avec la seigneurie, le prince acquiert plusieurs importants domaines agricoles avec granges attenantes (la Dalgonne, le Marais, la quarrée, la Petite Blâche) ainsi que le bois des Blâches. Il décède en 1666. Ses descendants ont le souci de travailler à l’amélioration des rendements agricoles, d’où les premiers projets de création d’un canal d’irrigation par dérivation d’une partie des eaux du Rhône.
Succède, en 1783, aux Bourbon-Conti, le comte de Provence, frère du roi et futur Louis XVIII. Il est seigneur de Pierrelatte jusqu’à la Révolution.
La communauté, quant à elle, voit ses droits et libertés réaffirmés en cette seconde moitié du XVIIe siècle. En 1674, elle acquiert une maison encore visible à l’angle des rues Bringer et conti. Cet édifice a conservé d’imposantes gargouilles zoomorphes et quelques encadrements intérieurs datant probablement du XVe siècle. Sur la façade principale, une coquille de Saint-Jacques sculptée surplombe deux corbeaux. Peut-être témoigne-t-elle d’une ancienne fonction d’accueil de pèlerins. Le reste des façades sur rues a été repris au XVIIe siècle, probablement en même temps que le vaste escalier intérieur. Cet édifice servit de presbytère pendant deux siècles.

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De cette époque moderne, subsiste aussi un imposant portail rue du château, seul vestige d’un hôtel particulier appelé communément « maison des Gouverneurs ». Ce portail daterait de 1548. Des éléments architecturaux antiquisants (chapiteaux, fronton,….), de grandes similitudes avec un portail du château d’Urfé dans la Loire, qui lui est parfaitement daté de 1549 laissent effectivement augurer une construction « renaissance ».

Dans les années 1690, le premier canal de dérivation des eaux du Rhône entre en activité et donne une dimension nouvelle aux rapports de Pierrelatte avec l’eau. Le territoire de Pierrelatte est encadré par le Rhône à l’ouest (même si jusqu’à la Révolution, cette rive gauche du fleuve n’est pas administrativement pierrelattine), la Grande Berre au Nord, les Echaravelles à l’Est. La ville, elle-même, est cernée par la Petite Berre à l’Ouest, le béal des Moulins et le Burgidon à l’Est et au Sud. Le béal pour sa part longe même les remparts sud et en constitue le fossé. Sa fonction est d’abord d’actionner les moulins de La Garde Adhémar, Pierrelatte et Lapalud, ensuite d’irriguer.
Le canal de dérivation dit de « Conti » ou de « Pierrelatte » s’ajoute donc à un réseau hydrographique important, qui s’il apporte des bienfaits, n’est pas non plus avare en inondation.

Epoque contemporaine jusqu'en 1960.

Le canal de Pierrelatte est en quelque sorte l’ancêtre du canal de Donzère-Mondragon. Réaménagé, dédoublé au niveau du quartier de la Cloche, il prend d’ailleurs une dimension  industrielle dès les années 1890.

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Mais c’est l’ensemble du terroir qui se transforme au XIXe siècle. Autour des années 1840, principalement, un certain nombre de granges ou de fermes deviennent de véritables petits châteaux, tels les Méas, Bel, la Cloche, Faveyrolles, la Blachette. Beauplan est par contre une construction entièrement nouvelle. Ces vastes demeures, disséminées dans la plaine pierrelattine, lui confère toute son originalité.

En ville, un nouvel Hôtel de Ville est aménagé en 1792, avec une façade de style néo-classique, sur l’actuelle place Taillade, à l’angle Sud-Ouest de la rue Soubeyrand. Les édiles locaux décident aussi, en 1819, de préserver le symbole communautaire que représente la tour de l’Horloge. Ils font édifier l’actuelle tour pour remplacer celle placée au débouché de la rue de Berne, qui menace ruine et qu’il faut abattre.
Entre 1847 et 1851, l’église actuelle (la cinquième) plus vaste est construite sur la précédente, datant du XVIIe siècle (la quatrième).

Incontestablement, Pierrelatte se développe, grâce notamment à l’amélioration des communications.
Déjà en 1758, la route royale toute nouvelle, ancêtre de la nationale 7, passe par Pierrelatte. En 1854, le chemin de fer de Lyon à Avignon atteint Pierrelatte où une gare est construite. En 1897, la ligne Pierrelatte-Nyons est à son tour mise en service. Dans les années 1920, les voies de la ligne principale sont doublées, le premier pont pour les franchir remonte à 1930.
Ces infrastructures favorisent l’émergence d’une industrie locale qui reste d’abord très liée à l’utilisation de l’eau. En 1883, sont recensées trois tanneries et trois filatures.
En 1921, s’implante au quartier de la Gare, qu’elle occupe pour une bonne part, la société Chauvet, qui jusqu’à l’avènement du nucléaire, est la première entreprise de Pierrelatte. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le cartonnage Spinnler (toujours en activité) constitue l’autre implantation d’importance, initialement située sur l’actuelle place Pompidou.

Par ailleurs, la Ville entame, à partir de 1913, une procédure de rachat du Rocher, se souciant de préserver son patrimoine le plus symbolique, mis à mal jusque-là, par son exploitation en tant que carrière. Définitivement acquis en 1919, il est classé en 1921 en tant que « site naturel de caractère artistique ». La même année, il accueille ses premiers spectacles avec des sociétaires de la Comédie Française.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, Pierrelatte, comme les communes environnantes, va vivre et évoluer au rythme des « grands chantiers ».

De 1947 à 1952, est aménagé le canal de dérivation des eaux du Rhône dit de Donzère-Mondragon. La Commune dans les années qui suivent se dote de véritables réseaux d’assainissement et d’eau potable. Le Rocher est affublé d’un château d’eau en forme de mur à la fois réservoir et protection contre le Mistral. Pierrelatte entre doucement dans la « modernité ».

Depuis 1960.

Mais dès les années 60 et l’implantation de l’usine du Commissariat à l’Energie Atomique, Pierrelatte, entrée de plein pied dans l’ère nucléaire, voit sa population plus que tripler entre 1936 et 1968. Structures et infrastructures se développent au même rythme. Dans le cadre notamment d’une ZUP (zone d’urbanisme prioritaire), sont créés un vaste ensemble de logements (immeubles et premiers lotissements), un lycée, deux groupes scolaires (Claux et Roc), un centre commercial,…., tandis que l’autoroute A7 en construction, atteint les environs de Pierrelatte à la même période.
A partir de 1974-1975, le CEA est rejoint par EDF, Eurodif, Comhurex,….On parle dès lors du Site nucléaire du Tricastin auquel le nom de Pierrelatte est le plus souvent associé et qui fait de celle-ci une ville de renommée mondiale. C’est le début d’une nouvelle phase de développement intensif. La barre des 10000 habitants est franchie. Parallèlement à l’industrie nucléaire, la Commune attire d’autres types d’entreprises, en créant dès 1970, sa première zone industrielle.

Durant ces phases de développement, Pierrelatte a dû apprendre à vivre avec des populations d’origines et de milieux sociaux très variés. Une forte vie associative en a notamment résulté, en particulier dans le domaine sportif. Un nouvel outil (plan d’eau) vient d’ailleurs d’enrichir le potentiel communal. Voisin de la désormais célèbre « Ferme aux crocodiles », l’ensemble constitue aussi une source d’attrait touristique supplémentaire.

Aujourd’hui, la Commune grâce à son vaste territoire, a conservé une importante dimension rurale et de multiples petits cours d’eau. Mais l’amélioration du cadre de vie, en particulier la transformation du quartier du Roc, ne peut se passer de développement économique et de la recherche de nouvelles ressources. Les entreprises restent plus que jamais les bienvenues, tandis que le projet dit « Georges Besse II » en cours d’élaboration pourrait venir à terme pérenniser le rôle économique moteur du Site nucléaire du Tricastin et assurer à Pierrelatte les moyens nécessaires à une évolution harmonieuse.

Archives municipales, 2006, 2016 (corrections orthographiques)

 

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