Le Rocher de Pierrelatte, est fait d’un calcaire urgonien. Il est sans conteste à rapprocher des rochers qui forment le défilé de Donzère, plus au nord.
Mais isolé de ses congénères, seul dressé au milieu de cette grande plaine rhodanienne, il ne pouvait qu’exciter l’imagination. Ainsi devait naître la légende de sa formation. Rodolphe Bringer l’évoque en
1936. Un géant, le Grand Gargantian, que Rabelais appela plus tard Gargantua, venait d’un pas de franchir les Cévennes, quand il sentit une gêne dans sa chaussure. S’étant assis sur la « Dent de Resse », il ôta son soulier et y trouva un gravier (proportionnel à la taille du Géant), qu’il lança par dessus le Rhône. Il tomba là où il se trouve aujourd’hui. D’autres ont « vu » Gargantua lancer le gravier depuis le Mont Ventoux…
C’est en tout cas autour de ce Rocher millénaire, que Pierrelatte, Petralapta (pierre large) s’est constitué.
Au Moyen-âge, il sert d’assise à un château.
Le château, progressivement démantelé dès
1633, le Rocher (re)devient une carrière de pierre.
En
1816, il est la propriété du dénommé Jacques Xavier Pradelle, puis de son fils en
1842. Son exploitation devient dès lors intensive, au profit essenti
ellement des Ponts et Chaussées et de l’entretien des routes, et le Rocher de progressivement disparaître.
Sa sauvegarde ne prend vraiment corps qu’à partir de
1913. La première motivation est de perpétuer ce qui a donné son nom à la Commune.
Mais l’acquisition par la celle-ci n’est effective qu’en
1919 pour 12 000 francs.
En
1921, le Rocher est classé « site naturel de caractère artistique ». Il accueille cette même année ses premiers spectacles.
Vers
1955, un château d’eau, aujourd’hui désaffecté, vient combler une grande échancrure au nord.